Ces derniers temps je me sens bien trop humain, et c'est chiant d'être humain. Côtoyer les extrêmes, se préoccuper de choses morales, écouter sa conscience elle même dictée par une conscience collective inculquée depuis notre plus jeune âge. Et oui, je suis de plus en plus conforme à la norme, ça y est, je me suis laissé envahir, ensevelir, noyer, par cette vague déferlante qui berce le quotidien des êtres humains, cette mer sans marée. Mon histoire, que dis-je notre histoire, oui la notre, la votre, est semblable dorénavant. J'obéis, j'exécute, je me plie aux règles, aux lois, ces règles établies par nos chères tête pensantes, les hautes de ce monde, celles la même qui sans que vous ne vous en rendiez compte, tels des pantins, vous manipules. Je suis une vague parmi cet océan, je lui appartiens, j'avance quant il le faut, je suis comme toutes les autres vagues, je ne suis pu, je ne suis qu'une ombre vaguement discernable par ma dimension, mon envergure... Mais au final, la course folle d'une vague, traversant cette épaisse masse liquide comme l'on traverse les ans, jusqu'au jour ou, oui où cela nous mène t-il, d'un côté je viens m'écraser, éclater, sur la côte, et de l'autre, hein de l'autre, ce mur, cette barrière, si fine soit elle, je ne peux la contourner, la fin inévitable, ce voile invisible tel la côte disperse cette masse liquide s'évaporant, viens mettre un terme à ce train des années et l'on se déverse, on s'imbibe, on s'étale, oui, la terre reprend ce qu'elle a donné. Ce chemin, est-il le seul possible... n'y a t-il pas d'autres chemins possibles... la religion permet de s'évader parait il, elle permet une autre issue, bien moins chiante... je n'en sais rien, je ne le saurai probablement jamais, et cela, je m'en fiche, mais peut être que ce qui sépare la côte, le voile peut être changé, pourquoi ne pas nager à contre courant, longtemps j'ai cru à cela, j'ai cru que c'était possible, oui possible de remonter tel le saumon, le courant synonyme du quotidien de notre chère vie...mais non, non non et non, nous ne sommes pas des poissons, mais bien des humains, ce mot, ces quelques lettres, résume à elles seules bien des choses, alors je me laisse guider, et je sais à quoi cela va me mener...